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Focus : Peut-on encore parler des contrôles d’identité au faciès ?
Pour avoir écrit que «les contrôles au faciès, bien que prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante, mais se multiplient», un membre du Syndicat de la Magistrature a été, sept années durant, traîné devant les tribunaux par le ministère de l’intérieur, avant d’être finalement relaxé par la Cour d’appel de Rouen, après que la Cour de Cassation eut dû rappeler la primauté du principe de la liberté d’expression.
La procédé, grotesque, consistant à poursuivre pour diffamation envers la police l’auteur de cette phrase, démontrait bien la sensibilité politique extrême de la pratique des contrôles d’identité et les intimidations auxquelles s’exposaient tous ceux qui entreprendraient de dénoncer un phénomène pourtant empiriquement constaté par l’ensemble des acteurs concernés, qu’ils soient policiers, magistrats ou citoyens contrôlés (accédez à de plus amples développements sur cette affaire sur le site internet du SM) et dont la validité est désormais confirmée par les chercheurs qui s’intéressent à la question.
Dans une réédition de l’ouvrage contesté, Michel Tubiana, alors président de la Ligue des Droits de l’Homme, a enfoncé le clou sans être poursuivi : «Il est exact d’affirmer que les contrôles au faciès se multiplient. Les forces de l’ordre ont une fâcheuse propension à contrôler celui dont l’aspect révèle qu’il est en dessous d’un certain âge et / ou d’une autre origine que l’idée qu’elles se font d’un français d’origine».
